René Gabriel
VIN DU SIÈCLE : LA SENSATION PICHON-LALANDE !!! La récolte positive du millésime 2014 n’est pas maigre. Il y a tout de même quelques vins géniaux qui atteignent 19 points. Et aussi pas mal de très beaux crus notés 17/20 et 18/20. Mais pour qu’un grand millésime soit considéré comme vraiment grand, il faut quelques vins du siècle pour faire du bruit dans la forêt des points et lancer l’Primeur à plein régime. De ce point de vue, le bilan est certes honorable cette année, mais pas vraiment brûlant. De plus, les clients se sont montrés plutôt léthargiques ces derniers millésimes et ont, au mieux, acheté de manière ponctuelle. Les seuls vins du millésime 2013 qui ont disparu en quelques jours du marché des primeurs 2013 furent Les Carmes Haut-Brion et Pichon-Lalande ! J’ai rencontré pour la première fois ce Pichon-Lalande 2014 légendaire lors de la première semaine des primeurs. Pour pouvoir le déguster, il faut un rendez-vous au Château. Il n’est présenté que là. J’ai été immédiatement enthousiasmé et lui ai spontanément attribué 19/20. C’était – à ce moment-là – à peu près ma dixième référence importante dans le Médoc. Et il est resté, tout au long des jours suivants, mon vainqueur personnel de la rive gauche. Et il ne m’est plus sorti de la tête. Puis est arrivé pour moi ce jeudi important de la deuxième semaine. Le matin, je déguste habituellement plus de 200 Cru Bourgeois. Chez Ulysse Cazabonne, je comble les dernières lacunes des domaines que je n’avais pas encore rencontrés. Ou j’ajuste les vins les plus importants pour fixer la note définitive. L’après-midi, nous visitons ensuite tous les Premiers à Pauillac. Le tout en moins de 100 minutes. Avant de supplier humblement pour entrer à Château Latour, nous avons à nouveau débarqué spontanément chez Pichon-Lalande… La semaine précédente, c’était encore très calme et Nicolas avait beaucoup de temps pour bavarder avec nous ; là, plusieurs tables étaient en plein rodéo de dégustation. Nous avons trouvé quelques places libres et nous nous sommes fait resservir un échantillon de fût du 2014. J’avais déjà appris par cœur les arômes du nez. J’ai donc pris toute la ration de dégustation en bouche et l’ai fait circuler dans toute la cavité buccale aussi longtemps que possible. Là, ce n’était plus une question pour moi. C’est le meilleur vin absolu du millésime 2014. Et – j’en suis maintenant sûr – c’est un vin du siècle ! Ce fut un plaisir presque sensuel de pouvoir déguster ce vin très fin et pourtant plein. Oui, de pouvoir ! Ce fut pour moi un privilège de goûter un vin aussi grand et légendaire à un stade aussi précoce. Et je vais le suivre. Et aussi (j’espère) pouvoir continuer à le suivre dans son évolution. Et ensuite, lorsqu’il sera en bouteille. Car je vais certainement acheter plusieurs vins du millésime 2014. Et pour ce Pichon-Lalande fabuleux et sensationnel, je vais actionner toutes mes relations pour pouvoir en acheter quelques caisses. Je compte sur un indice d’achat de maximum 100 CHF/EURO. Ce serait alors une autre sensation… 65 % Cabernet Sauvignon, 22 % Merlot, 7 % Cabernet Franc, 6 % Petit Verdot. Pourpre extrêmement sombre avec des reflets lilas et violets. Le bouquet est à tomber. Il y a beaucoup de prunes noires mûres, cassis, black currant, réglisse, poivre noir, olives noires et pain pumpernickel. Le profil olfactif montre une profondeur incroyable, absolument royal et majestueux. Je l’ai suivi par le nez pendant environ cinq minutes avant de prendre la première gorgée. En bouche, pleine harmonie, ample, crémeux, velouté, avec un final concentré, extrêmement long et d’une puissance impressionnante. Il y a donc deux bonnes nouvelles. Premièrement, c’est à nouveau un Pichon-Lalande sensationnel (comme son 2013 !). Et deuxièmement ; cette fois, il y en a pas mal. Nicolas Glumineau parle en effet d’une récolte presque normale. Ceux qui ne font pas de primeur cette année passeront à côté d’un véritable successeur du légendaire 1982 ! 21 : Le vin le plus jeune de la soirée et sa couleur s’est présentée en conséquence ; violet-noir. Bouquet poivré, presque exclusivement de fruits noirs, structuré serré et montrant une profondeur remarquable. Plus il prend l’air, plus le profil olfactif évolue vers le cassis. En bouche, ferme, encore astringent, mais montrant des tanins mûrs, finale incroyable. Encore loin de son apogée, mais en bonne voie pour offrir un immense plaisir pour la première fois dans environ 10 ans. La valeur de marché est inférieure à 130 francs. Attention. Prêts. Achetez !!! (20/20).