René Gabriel
01 : Grenat très sombre. Comme à chaque fois déjà au fût, une « drogue » de Merlot pruné avec beaucoup de réglisse et une chaleureuse épice de terroir. Corps long, bien équilibré ; touche pain d’épices, mousse d’Irlande, riche et pourtant d’une superbe élégance, corps étiré, note poivrée apportant de la race, gousses de vanille délicatement sucrées, malt, black currant, beaucoup de cassis mûr, note de chocolat noir, figues hachées, sésame grillé, aromatique prodigue dans une finale puissante. 07 : Me voilà assis. À la table de cuisine de Tertre-Rôteboeuf avec Miloute et François Mitjaville. Nous avons beaucoup dégusté, aussi beaucoup bu. Il est 14 h et, en dernier, arrive cet absolument génial millésime 2000 sur la table. On le sent et l’on comprend ce que signifie être seul parmi les meilleurs. Ce vin ne se compare pas. C’est un solitaire qui n’a ce goût que comme un grand Tertre-Rôteboeuf peut l’avoir. Une orgie de fruits rouges, de bois exotiques, de cardamome, de musc, de dattes séchées, dense, lourd et pourtant léger ; on le hume, on le sirote et les arômes explosent en un parfum aux accents de souks marocains. Un moment inoubliable, apaisant, émouvant – et cela en pleine phase effervescente des primeurs.